Plongeons nous dans dans un manuscrit (l’original de cet écrit est à Brest) portant le titre: “Essais historiques sur la ville de Concarneau et le comté de Cornouaille, contenant un abrégé des évènements les plus intéressants de l’histoire générale de la Bretagne, par Monsieur Dellain, ancien commissaire de la marine, pensionnaire du roi” (ce qui signifiait, en ce temps là: être à la retraite). Tout part du roi Judicaël et de la lutte qui opposèrent ses deux fils Alain, qui prit le royaume de Bretagne et Urbien le comté de Cornouaille. cette lutte se prolongea pendant deux siècles par leurs descendants successifs. Le rideau se lève sur la défaite d’Urbien à Pont-Croix, où son palais fut pris et pillé. Or cet Urbien avait un fils, Concar. Notre ancêtre. Il est devenu veuf du fait que sa femme Azénore a péri dans l’incendie du palais paternel. Ninice, sa fille au berceau a disparu du même coup. Première péripétie d’une manière de mélodrame, mâtiné de roman policier et qui nous donnerait à sourire, n’était qu’il s’agit de nos origines concarnoises. Le deuxième épisode suit, à vingt ans d’intervalle. Concar qui, depuis longtemps, projetait de s’établir dans un poste qui pût lui assurer les moyens de résister à son ennemi, profita de l’éloignement de Gradlon (fils d’Alain) pour s’emparer de la petite île de Conq, qui jusqu’alors avait été habitée par des Pictes dont la barbarie jetait l’alarme dans les solitudes les plus profondes. Ces Pictes seraient d’antiques ennemis. D’Écosse où ils auraient été refoulés (on les appelait également Scots) ils auraient aidé les Saxons, puis les Anghels à pousser hors de la Grande Ile (Bryt, Prydain, l’Ile du Miel) aujourd’hui l’Angleterre, les Bretons maintenant émigrés en Armorique. Ils tireraient leur nom de l’habitude qu’ils avaient de se peindre (picti) en couleurs vives, comme faisaient les Bretons, (briz: bigarré), dont ils tenaient peut-être cet usage. Ainsi, Bretons et Pictes, les moeurs et l’étymologie les ont apparentés. Mais ceux-ci, les Pictes, sont d’authentiques brigands, idolâtres, pillards, paillards, assassins. Pour armes, un couteau et une massue en forme de poire, garnie de pointes. Faut-il la retrouver dans le pen-baz breton? Ils rampent, surprennent leur proie, la poignardent ou l’assomment. Ce sont eux que nous trouvons aux origines de Concarneau.
